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Pourquoi utiliser des polices TrueType (TTF) en broderie machine ?
Si vous aimez le lettrage mais que vous en avez assez de payer encore et encore des packs de polices de broderie numérisées, les polices TrueType (TTF) offrent une alternative très intéressante. Dans un logiciel comme Hatch Embroidery 3, les polices installées sur votre ordinateur (polices système Windows) peuvent apparaître dans la liste des polices et être converties en objets de points.
Mais il faut poser le cadre dès le départ : une police conçue pour l’impression n’est pas conçue, à l’origine, pour une aiguille.
Une TTF est une forme vectorielle pensée pour l’encre (sans épaisseur). En broderie, on travaille avec du fil, de la tension, du relief et des frottements. Quand Hatch convertit une TTF, il fait de la « numérisation automatique » (auto-digitizing). C’est souvent bluffant… mais ce n’est pas l’équivalent d’une police de broderie optimisée et numérisée manuellement.
Considérez donc les TTF comme une excellente base créative, à condition d’assumer votre rôle de contrôle qualité : vérifier la lisibilité, la densité, les recouvrements et le comportement sur tissu.

Économiser vs acheter des polices de broderie numérisées
Le premier intérêt est budgétaire. Une bonne police de broderie peut coûter de 15 à 50 $ l’unité. Et si un client vous demande un style très spécifique pour une commande ponctuelle, acheter une police dédiée peut grignoter votre marge. Une TTF gratuite permet de prototyper (et parfois de produire) sans coût de police, et de réserver le budget pour des consommables plus utiles au rendu (stabilisateur, topping, aiguilles neuves, etc.).
Élargir rapidement votre bibliothèque créative
Installer des TTF transforme instantanément votre dossier de polices Windows en ressource de lettrage dans Hatch. L’avantage est la vitesse : pas de mappage de touches à apprendre, vous tapez simplement votre texte.
Conseil atelier : créez une liste « Polices testées ». Beaucoup de polices gratuites sont superbes à l’écran mais très pénibles à broder (effets « grunge », contours cassés, sérifs ultra fins). Faites un essai une fois ; si ça sort proprement (sans casses de fil, sans pâtés, sans illisibilité), classez-la comme « validée ».
Compatibilité BX vs TTF : ce que ça change vraiment
La différence est essentielle :
- Une police BX/ESA est une police « clavier » déjà numérisée (angles, sous-couches, densité et cheminement pensés pour la broderie).
- Une police TTF est une forme que le logiciel remplit mathématiquement de points.
Pour un usage loisir, l’écart peut sembler faible. En atelier (petite production), il impacte surtout la régularité et le temps de mise au point. Cela dit, la TTF reste l’option la plus rapide pour tester un style avant d’investir.
Et quoi qu’il arrive, la stabilité du tissu reste déterminante : même la meilleure police se déforme si le tissu bouge. C’est aussi pour cela que de bons cadres de broderie pour machines à broder (cadres qui tiennent le tissu bien tendu) peuvent être un meilleur investissement que d’accumuler des packs de polices.
Étape 1 : trouver des polices vraiment gratuites et « sûres »
Internet regorge de contenus « gratuits », mais en broderie, le « gratuit » peut coûter cher : fichiers douteux, ou problèmes de droits. La vidéo montre l’utilisation de 1001freefonts.com, un répertoire connu.

Naviguer sur 1001FreeFonts
Dans le flux de travail, on cherche des styles compatibles avec la broderie.
Le « filtre broderie » (réflexe à adopter) : Ne regardez pas seulement le style : regardez surtout l’épaisseur des traits.
- Trop fin : l’aiguille repasse dans les mêmes zones, la lettre se fragilise, et vous risquez des nœuds/paquets de fil ou une lisibilité médiocre.
- Trop texturé : les styles « craie », « pinceau », « usé » créent une multitude de micro-îlots. Résultat : beaucoup de sauts, beaucoup de coupes, et un rendu souvent brouillon.
- Zone idéale : des traits pleins, réguliers, avec une épaisseur constante.

Comprendre « Free for Personal Use »
C’est l’étape la plus importante (et ce n’est pas technique). Dans la vidéo, l’instructrice vérifie la licence.
Critère pour un atelier :
- Personal Use (usage personnel) : OK pour un cadeau, un essai, un usage privé.
- Commercial Use (usage commercial) : nécessaire si vous vendez, facturez, ou produisez pour un client.
La majorité des polices « free » sont en réalité limitées à l’usage personnel.
Éviter les pièges de droits
Bonne pratique : téléchargez et conservez le fichier de licence/ReadMe présent dans le .zip. Gardez-le avec la police. En production, classez vos polices non seulement par style, mais aussi par statut de licence (personnel vs commercial). Cela évite le stress du « mince, je l’ai déjà vendu ».
De la même façon qu’on standardise un poste de mise en cadre, standardiser vos fichiers vous fait gagner du temps. Des dossiers propres et une méthode constante valent autant que des stations de cadrage pour répéter un placement identique.
Étape 2 : installer la police sous Windows
Hatch s’appuie sur Windows pour « fournir » les polices. Vous n’installez pas la police dans Hatch : vous l’installez dans Windows.

Décompresser le téléchargement
Les polices arrivent le plus souvent dans un dossier .ZIP. Tant que c’est compressé, l’installation peut être bloquée ou incomplète.
- Action : clic droit sur le dossier → « Extraire tout… ».
- Contrôle visuel : un nouveau dossier décompressé apparaît.

Méthode d’installation (clic droit)
Dans le dossier, vous verrez souvent plusieurs fichiers. Celui qui nous intéresse est le fichier de police.
- Repérez l’extension :
.ttf (TrueType)(la vidéo installe la version TTF). Parfois vous verrez aussi.otf (OpenType). - Clic droit sur le fichier.
- Choisissez « Installer » (ou « Installer pour tous les utilisateurs » si proposé).

Dépannage d’installation
Symptôme : vous pensez avoir installé la police, mais Hatch ne la voit pas. Cause probable : vous n’avez pas installé le bon fichier. Vérification rapide : retournez dans le dossier : ne confondez pas le fichier .ttf avec un License.txt, un ReadMe, ou une image de prévisualisation. Seul le fichier de police met à jour Windows.
Un poste numérique bien rangé reflète un atelier bien rangé : comme une station de cadrage de broderie aide à garder des pièces propres et répétables, des téléchargements triés évitent les erreurs (et limitent le risque de cliquer sur le mauvais fichier).
Étape 3 : accéder aux polices dans Hatch Embroidery
On fait maintenant le pont entre Windows et Hatch. Cette étape peut nécessiter un rafraîchissement du logiciel.

Ouvrir l’outil de lettrage
- Lancez Hatch Embroidery 3.
- Créez un nouveau design ou ouvrez un fichier.
- Dans la barre d’outils à gauche, cliquez sur « Lettering ».

Trouver la section TrueType dans la liste des polices
C’est un point de blocage fréquent : Hatch affiche d’abord ses polices de broderie (déjà numérisées), puis les polices système plus bas.
- Action : ouvrez la liste déroulante « Font ».
- Navigation : faites défiler au-delà des polices « stitch » (polices de broderie intégrées).
- Cible : tout en bas, vous verrez la section TrueType (TTF).


Sélectionnez la police installée (dans la vidéo : « Admiration Pains »).

Indicateur de réussite : le nom de la police s’affiche dans la sélection et l’aperçu change immédiatement.
Pourquoi un redémarrage du logiciel peut être nécessaire
Règle simple : si vous avez installé la police pendant que Hatch était ouvert, Hatch peut ne pas la détecter.
- Solution : enregistrez, fermez Hatch complètement, puis relancez-le. Hatch lit la liste des polices Windows au démarrage.
Étape 4 : personnaliser votre lettrage
C’est ici que tout se joue : vous tapez, et Hatch génère les points.

Saisir le texte et générer les points
- Tapez votre texte (par exemple « Hello »).
- Validez (Entrée) ou cliquez sur Update Text.
- Contrôle visuel : le texte doit passer d’un contour/aperçu à une simulation pleine (représentation des points).

Redimensionnement : ce que la broderie tolère (et ce qu’elle ne tolère pas)
En graphisme, on peut agrandir/réduire sans limite. En broderie, on est limité par la physique : épaisseur du fil, largeur de colonne satin, stabilité du tissu.
- Trop petit : les traits deviennent trop fins, la lisibilité chute et les casses de fil augmentent.
- Trop grand : certaines zones peuvent générer des points trop longs ou des remplissages moins adaptés.
Le bon réflexe : faites un essai sur chute au format réel, surtout pour les polices script et les détails fins.

Vérifier la densité (contrôle qualité indispensable)
Comme c’est une numérisation automatique, vous devez contrôler la densité et les recouvrements.
- Action : zoomez et inspectez les zones serrées (croisements, angles, jonctions).
- À repérer : amas de points, chevauchements trop compacts, contre-formes qui se ferment.
- Ajustement simple : si les lettres se touchent ou se « bouchent », augmentez légèrement l’espacement des caractères.

Pour que ces réglages se traduisent correctement sur tissu, il faut aussi une mise en cadre régulière. Un système hoopmaster aide à répéter le placement et à réduire les variations humaines lors de l’alignement.
Bonnes pratiques pour numériser du lettrage TrueType
Pour passer du test à un résultat « prêt prod », appliquez des règles simples et constantes.
Choisir des polices plus épaisses (plus faciles à broder)
En broderie, « plus de matière » aide : les styles plus gras et plus lisibles se brodent mieux.
- Pourquoi : un trait trop fin peut disparaître dans un tissu à poil (éponge, polaire) ou devenir irrégulier.
Faire un échantillon avant de lancer une pièce client
Règle atelier : si ce n’est pas brodé, ce n’est pas validé.
- Faites un test sur une chute proche du tissu final.
- Brodez le texte.
- Contrôlez l’endroit et l’envers : lisibilité, relief, éventuels paquets de fil.
- Ne passez sur le vêtement final qu’après un test concluant.
Arbre de décision : tissu → stabilisateur
Votre lettrage échoue souvent à cause d’une base instable.
- Tissu extensible ? (T-shirt, sweat, polo)
- OUI : privilégiez un stabilisateur cut-away (découpable) pour limiter la déformation.
- NON (denim, canvas, sergé) : un tear-away (déchirable) peut convenir.
- Tissu à poil/texture ? (éponge, polaire, velours)
- OUI : ajoutez un topping hydrosoluble sur le dessus + le stabilisateur adapté dessous.
Efficacité en production : aligner le lettrage rapidement
Le logiciel gère le design, mais l’atelier gère la réalité : le vrai point dur, c’est souvent la mise en cadre bien droite.
Chemin d’amélioration (déclencheur → solution) :
- Déclencheur : vous forcez un sweat épais dans un cadre standard, vous perdez du temps, ou vous marquez le tissu.
- Critère : si vous dépassez ~2 minutes par mise en cadre, ou si vous observez des marques/empreintes du cadre sur tissus délicats.
- Solution niveau 2 : passer aux cadres de broderie magnétiques pour une fermeture rapide et une tension plus régulière.
- Solution niveau 3 : si vous produisez en série, une station de cadrage hoop master sert de gabarit pour répéter le placement.
- Solution niveau 4 : pour un atelier à domicile qui monte en cadence, la hoopmaster édition domestique apporte une précision de type industriel.
Consommables « invisibles » & contrôles avant lancement
Avant d’appuyer sur Start, vérifiez les indispensables qu’on oublie souvent :
- Adhésif temporaire (spray) : une brume légère aide à solidariser stabilisateur et tissu, et limite le glissement.
- Aiguille neuve : une aiguille émoussée dégrade la netteté du petit texte.
- Petits ciseaux courbes : utiles pour couper les fils de saut entre lettres.
- Huile : une machine bien lubrifiée brode plus régulièrement.
Checklist de préparation (fin de préparation)
- Licence vérifiée : la police est-elle 100 % libre ou sous licence commerciale ?
- Sécurité du fichier : fichier
.ttfextrait (pas de formats suspects). - Préparation machine : zone de canette propre + aiguille neuve.
- Consommables : stabilisateur adapté + spray temporaire prêt.
Checklist de réglage (fin de réglage)
- Installation : police installée dans Windows → Hatch relancé si nécessaire.
- Sélection : police TrueType choisie dans la section TTF en bas de liste.
- Contrôle taille : taille suffisante pour rester lisible.
- Audit visuel : inspection des zones fines et des recouvrements.
Checklist d’exécution (fin d’exécution)
- Test sur chute : réalisé avant le vêtement final.
- Contrôle envers : tension et propreté correctes.
- Topping : utilisé si tissu à poil (éponge/polaire).
- Alignement : placement vérifié avant lancement.
Dépannage
| Symptôme | Cause probable | Correctif le plus efficace |
|---|---|---|
| Police introuvable dans Hatch | Police installée pendant que Hatch était ouvert. | Fermez Hatch complètement puis relancez-le. |
| Paquets de fil / nœuds (« birdnesting ») | Traits trop fins pour une numérisation auto propre. | Choisissez une version plus « Medium/Bold » de la police, évitez les styles ultra fins. |
| Lettres cassées / segments manquants | Détails trop fins ou conversion auto peu adaptée. | Agrandissez le texte et choisissez une police aux traits plus réguliers. |
| Frisage / tissu qui gondole | Stabilisateur inadapté ou mise en cadre insuffisamment tendue. | Utilisez un stabilisateur cut-away sur maille et assurez une tension régulière (les cadres magnétiques peuvent aider). |
| Contre-formes bouchées (centre de ‘o’, ‘e’ rempli) | Densité trop élevée ou texte trop petit. | Agrandissez le texte et augmentez légèrement l’espacement si nécessaire. |
| Arrêts fréquents / trop de sauts | Cheminement non optimisé en TTF auto-numérisé. | Réduisez les détails (police plus simple) et, si disponible, activez les options de coupe automatique adaptées à votre machine. |
Résultats
En intégrant des polices TrueType à votre flux Hatch, vous ouvrez une bibliothèque de styles très large et économique. Vous savez maintenant :
- Trouver sans risque : identifier des polices adaptées et vérifier les droits.
- Installer correctement : extraire et installer le fichier
.ttfdans Windows. - Ajuster pour la réalité : générer les points, contrôler densité et lisibilité, puis valider par un test.
La différence entre un résultat amateur et un résultat pro ne vient pas seulement du logiciel : elle vient de la préparation (stabilisateur) et de la régularité de mise en cadre. Une TTF ne donnera un beau rendu que si le tissu est bien stabilisé et correctement maintenu dans le cadre. Si vous cherchez plus de constance en production, l’amélioration la plus rapide passe souvent par de meilleurs outils (cadres magnétiques, stations d’alignement) pour que votre exécution soit au niveau de votre créativité.
